•       Moins d’une heure après leurs arrivée, j’étais prête. Mon sac était bouclé, j’y avais mis provisions, herbes médicinales, et quelques vêtements de rechange. J’avais attachée le petit sac de cuir contenant le talisman sacré autour de mon coup à l’aide d’un lacet de cuir noir. Enfilant ma cape pourpre, je rabattis le capuchon sur mon visage et m'élançais dans la nuit, déjà tombée sur Finefleur. Courant à travers le village en feu, je distinguais à peine la pluie de cendres tombant autour de moi, l’odeur âcre du sang et de la fumée s’était répandue dans tout le village. Des enfants pleuraient, des femmes et des hommes tentaient en vains de repousser les spectres encapuchonnés et vêtues de noir qui nous attaquaient, hélas chaque tentative était veine, chaque coup d’épée ne faisait que traverser les silhouettes brumeuses sans les blesser, ils étaient aussi insensible a notre magie qu'aux armes. Chaque Elfe s’affairait et tentait d’éteindre l’horrible incendie qui couvrait toutes la ville.

    Je me retournais et vis d’immenses langues de feu lécher le toit de la maison dans laquelle j’avais toujours vécue. Cette maison si accueillante et réconfortante était en proie aux flammes, et j’étais là, impuissante, le visage baigné de larme à regarder l’abominable spectacle sans cesser de courir. Mais je n’avais pas le temps de m’apitoyer sur mon sort, j’avais une mission à remplir et je ne pouvais déshonorer mon peuple.

      Je repris ma course effrénée et sorti du village sans même me retourner, ma vie dans ce monde était finie, partant en flammes avec Finefleur. Après avoir traversé un bois, je débouchais sur une clairière bordée pas une rivière qui avait l’air au premier regard claire et limpide. J’entrepris de boire de l’eau pour me désaltérais, mais à la première gorgée je me rendis compte que l’eau qui coulait dans cette rivière n’était pas potable un goût de métal emplit ma bouche, je fus assaillis d’une terrible douleur qui m’obligeât à me courber en deux, ma vision se troubla, et je m’évanouis.

     

      Je fus réveillée quelques heures plus tard par un corbeau perché sur la plus haute branche d’un pin dont les aiguilles étaient avaient viré au brun. J’entrepris de me relever. Trop vite hélas ! La tête me tourna, des points noirs se mirent à danser devant me yeux. Je reposais ma tête dans l’herbe fanée. "La nature se meurt" fut l'unique constatation que je pu faire. Si verdoyante et hier et pourtant fanée aujourd'hui.

    Je sortis de ma poche la carte léguée par les anciens lorsqu’ils m’avaient ordonné de protéger le Talisman Sacré. D’après elle, la grande tour des mages devait se trouver… Oui, elle était bien là. La Grande Tour Sacrée se dressait de toute sa hauteur en haut d’une colline surplombant la vallée, à environs trois heures de routes à pied.

     

    Une fois arrivée devant la tour, je récitais l’incantation inscrite sur le manuscrit des anciens « Annon Edhellen edro hi ammen »*. La grande porte s’ouvrit en grinçant, j’avançais dans la salle qui s’ouvrait devant moi quand tout à coup une lumière maléfique m’assaillit, et je sombrais dans les ténèbres.

     

     

    * J.R.R TOLKIEN Le seigneur des anneaux : 'Porte des Elfes ouvre-toi maintenant pour moi' 


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